Monachisme

18

On entend le mot « monachisme » et on est intrigué. Pour plusieurs, c’est un monde inconnu, une façon particulière de vivre et une morale nouvelle. L’Église n’a cependant pas un ensemble de règles morales pour les laïcs et un autre pour les moines. La vie chrétienne est la même pour tout le monde, mais il est beaucoup plus difficile pour tous de la réaliser dans le monde. Les principes du monachisme ne sont pas différents de ceux des vies des fidèles : vivre selon les commandements de Dieu. Ce qui peut sembler difficile dans le monde est abordé avec dévouement et obéissance véritables dans le monde monastique.     P1070394

Dans les premières années de la chrétienté, à l’époque de la persécution, ce mode de vie était présent chez les chrétiens. Les épreuves de la persécution et le martyre, créaient des fidèles zélés et attentifs à leur âme. Mais lorsque les persécutions prirent fin en 323 après J-C, sous le règne de Constantin le Grand, le monde évolua lentement. L’église n’était plus persécutée et alors que le christianisme était florissant, la voie véritable de la vie chrétienne a été en danger de changer et même de disparaître. Ainsi, les personnes qui souhaitaient continuer de garder une relation authentique avec le Christ ont compris qu’elles devaient vivre séparées de la société. Elles ont dû construire un monde où elles pourraient se consacrer uniquement au Seigneur. Ce fut peu à peu la naissance et le début du monachisme.

Au début du IVe siècle, saint Antoine (la fleur du désert) s’est retiré dans le désert, et par sa manière sainte de vivre, attira des milliers de moines autour de lui. Les monastères n’existaient pas encore. Ces hommes vivant en solitaires (i.e. comme des moines à partir du mot grec « monos » signifiant « seul »), ont courageusement lutté contre leurs désirs et ressentaient fortement le besoin d’accompagnement spirituel. Ils se rassemblèrent autour de saint Antoine et, illuminés par le Seigneur, établirent un ensemble de règles monastiques, et des communautés organisées (cénobitique) commencèrent à se former.

En parallèle, saint Pacôme, un autre habitant du désert, à l’époque de saint Antoine, menait une vie ascétique dans le désert (saint Grégoire décrit l’ascétisme comme étant « la préparation de l’homme pour son union avec le Christ »). Un ange de Dieu lui apparut au cours de sa prière pour lui enjoindre d’accepter des disciples et de les mener vers la vie angélique. Il a obéi à l’ange au meilleur de sa connaissance, car il ne savait pas exactement dans quel sens il devait les diriger. Il reçut le commandement de Dieu au cours d’une nuit de prière pour imposer une règle de vie monastique sur eux. Un ange de Dieu, vêtu comme un moine lui est également apparu lui désignant ainsi l’habit des moines et lui donna une tablette sur laquelle la règle (protocole) de la communauté a été écrite. Ainsi, le monachisme en coenobiums prit lentement forme et se propagea dans divers endroits, du sud-est de la Méditerranée au nord du continent africain pour atteindre l’Asie Mineure et enfin l’Europe. Le détachement du monde ne garantit pas le salut, mais contribue sûrement à notre vie spirituelle. La forme la plus commune et la plus sûre de la vie monastique est le genre de vie cénobitique. C’est la vie « en commun », ou tout dans le monastère est partagé à parts égales avec amour entre les membres, afin qu’ils aient tout « en commun », comme saint Athanase l’Athonite les exhorte. Les locaux d’habitation, les aliments, le travail, la prière, les efforts communs, les soucis, les luttes, les réalisations, tout est conçu pour cultiver une attitude commune et l’esprit de fraternité. Le chef et directeur spirituel est l’abbé (ou l’abbesse dans un monastère de femmes) et chaque moine lui obéit volontiers sachant qu’il est présent dans l’image du Christ. « Plaire à son abbé ou à son abbesse, c’est plaire à Dieu Lui-même » proclament les Pères de l’Église.

Pour cette raison, des lieux sereins sont choisis pour fonder des monastères où les monastiques s’efforcent de réussir à mieux se connaître, combattre leurs passions plus profondément et purifier leurs cœurs plus pleinement, afin d’être dignes de recevoir Dieu. Leur vie est consacrée à la prière, le jeûne, la pauvreté, la chasteté et l’obéissance au Christ à travers les supérieurs et les frères et sœurs.P1060110

C’est de cette manière que nos sœurs s’efforcent en suivant la voie qui a été définie par nos Pères de l’Église pendant des siècles. En dépit de leurs défauts et les faiblesses humaines, les religieuses luttent contre leurs passions, contre le monde extérieur et contre le diable, afin de préserver et de continuer la vie du monachisme orthodoxe. C’est grâce au monachisme que l’orthodoxie est demeurée sans tache à travers les siècles. Avec l’aide de Dieu, qu’il continue dans cette voie pour des siècles et des siècles à venir. Amen.